La bataille du Mans ou la fin des espoirs français

La bataille du Mans des 11 et 12 janvier 1871 constitue un tournant décisif dans le conflit qui opposa la France et la Prusse.

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Après la bataille d’Orléans, du 2 au 4 décembre 1870, le général Chanzy prend le commandement de l’armée de la Loire et regroupe les forces françaises autour du Mans. Un tiers de ses 150 000 hommes n’ont alors aucune expérience du front.

La bataille du Mans est caractéristique de cette guerre de 1870.  « Les troupes françaises qui combattent au Mans sont disparates et montrent la faiblesse d’unités organisées dans l’urgence et mal formées. L’une des faiblesses de la 2e armée de la Loire est la quasi-absence de cavalerie et une artillerie plus réduite que l’adversaire prussien », explique Stéphane Tisson, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université du Mans.

« De plus, l’armée professionnelle a été laminée en deux temps : une partie est détruite avec de nombreux prisonniers par la défaite de Sedan d’une part ; l’autre devient captive après la reddition du maréchal Bazaine à Metz », précise l’historien.

Une défaite à Auvours

Les combats qui débutent le 11 janvier à l’est de la ville, tournent rapidement à l’avantage de Prussiens mieux armés. L’armée allemande s’impose sur le plateau d’Auvours.

En fin de journée le général Chanzy est contraint de donner l'ordre d'abandonner la rive de l'Huisne : son aile gauche se replie au nord jusqu'à Alençon, le centre et l'aile droite prenant position à l'ouest de la Sarthe. « L’armée allemande est une armée moderne, fondée sur une conscription bien organisée depuis 1861-62. Les conscrits bénéficient d’une solide formation de deux ans, complétée par dix ans d’exercices réguliers. En France, les réformes n’ont pas été menées si loin et la mobilisation des conscrits se fait dans la lenteur. Les hommes arrivent sans formation dans les régiments improvisés pendant l’été 1870 », poursuit Stéphane Tison.

Des batailles dans les rues

Le lendemain, 12 janvier 1871, la percée prussienne de la veille est élargie jusqu'au faubourg de Pontlieue et Yvré-l'Évêque est pris. La bataille s'achève par des combats de rue jusque tard dans la nuit dans la ville du Mans. Les affrontements se poursuivent à Pontlieue, dans la grande-rue (rue Nationale aujourd’hui) à la gare. La ville finit par tomber.

L’armée de la Loire était défaite. Près de 29 000 soldats étaient tués, blessés ou faits prisonniers. Le reste de l'armée se repliait vers Laval. La perspective de libérer Paris s'éloignait.

Retrouvez toute l’histoire de la bataille du Mans avec un livetweet rappelant la bataille 150 ans plus tard, sur tweeter : @batailledumans

 

En hommage aux 150 ans du conflit franco-prussien, la Ville organise des manifestations (sous réserve des conditions sanitaires). Du 4 au 17 janvier, des expositions retracent la bataille : « La bataille du Mans au jour le jour », Maison du Pilier Rouge et « Archives et mémoire de la bataille du Mans », médiathèque Louis-Aragon.