Le scénario

De 1899 à nos jours, Le Mans s'est affirmé comme décor naturel de cinéma. Alec Guinness, Steve McQueen, Al Pacino, Gérard Depardieu, Daniel Auteuil... autant de vedettes du grand écran que le Mans a accueillies pour des tournages.

décor square
© Ville du Mans

Les balbutiements du cinéma au Mans commencent lors d'une exposition, l'une des nombreuses foires de l'époque. Un opérateur de la maison Pirou s'installe pour la première fois dans une allée du quinconce des jacobins pour diffuser des vues documentaires et les premiers films courts comiques. L'opérateur propose de filmer chaque semaine une scène mancelle originale. C'est ainsi que le 30 juin 1899 est tournée la première vue du Mans, au Café de l'univers, place de la République.
Dès 1904, les films d'actualités locales et nationales arrivent au Mans. Le premier Grand Prix automobile de la Sarthe en 1906 et le premier virage de l'histoire de l'aviation, effectué en 1908 par l'américain Wilbur Wright, ne manquent pas d'intéresser les opérateurs de l'époque.
Vient en 1924 le tournage d'un film publicitaire romancé : Le Mans filmé ou Gontran des Epinettes en voyage. A travers les péripéties d'un couple marié faisant ses achats au Mans, ce moyen métrage de 25 minutes montre les différents aspects d'une ville prospère des années vingt.
Il faudra attendre 1958 pour voir Le Mans accueillir sa première œuvre de fiction avec Le bouc émissaire, de Robert Hamer. Alec Guinness, l'acteur principal, célèbre pour sa prestation dans Le pont de la rivière Kwai, y traverse le marché des Jacobins.
Depuis, Le Mans accueille régulièrement des tournages, sur le circuit de l'Automobile Club de l'Ouest, mais aussi, depuis 20 ans, dans la Cité Plantagenêt qui se révèle un exceptionnel décor naturel.

Le circuit des 24 Heures

Un vent de liberté souffle en 1970 sur le circuit des 24 Heures avec le tournage de "Le Mans" et la présence de Steve Mac Queen. Les figurants affluent, fascinés par le monde américain, envieux d'entrer enfin sur le circuit (inaccessible à l'époque) et emportés par le désir d'évasion.

"Les moyens mis en oeuvre par les Américains sont énormes. La paie des figurants atteint quatre fois celle d'un manutentionnaire. A tel point que les salariés des usines se font porter malades pour participer au tournage" se souvient Michel Touzard, figurant dans la foule. Le Préfet avait dû intervenir.

Al Pacino succède à Steve Mac Queen en 1976 sur le circuit, avec le tournage de "Bobby Deerfield", de Sydney Pollack. Puis ce sont les motos qui envahissent le circuit en 1991, sur fond de braquage, dans "23 heures 58" de Pierre-William Glenn. Des motards, recrutés pour l'occasion, apprendront les techniques du karaté pour chuter et recevoir des coups sans trop de dommages.

Cinéma al paccino
© Ville du Mans

Al Pacino dans le stands lors du tournage de Bobby Deerfield.
Photo François Brossard

La Cité Plantagenêt en vedette

Plus récemment, en 1989, le "Cyrano de Bergerac", de Jean-Paul Rappeneau, marque un nouveau départ entre le coeur historique et le cinéma. Nombreux sont les Manceaux qui entendront encore longtemps la voix de Cyrano-Depardieu résonner sur les pavés du parvis de la cathédrale dans la "tirade des nez".

Toujours de cape et d'épée, "Le Bossu", interprété par Daniel Auteuil dans le film du même nom de Philippe De Broca,traîne sa bosse en 1997 dans la rue de la Reine Bérengère, avec pour mission de veiller sur Aurore et de venger le Duc de Nevers.

La même année, les mousquetaires de "L'homme au masque de fer" battirent à leur tour nos pavés sous la direction de Randall Wallace. Ce film était interprété entre autre par Gérard Depardieu, Léonardo Di Caprio et Jérémy Irons.

Tournage de "L'homme au masque de fer"

dans la Cour d'Assé. Photo Bertrand Vildard

DEPARDIEU
© Ville du Mans

De plus petites productions pour d'autres films d'époque ont été tournés au Mans : "Que la fête commence" de Bertrand Tavernier (avec Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort), "Les dames galantes" de Jean-Charles Tacchella, avec Richard Borhinger, ou encore "Eugénie Grandet" de Jean-Daniel Verhaeghe, pour la télévision, avec Jean Carmet.

Un grand moment de télévision fût le tournage du célèbre feuilleton des années 70, "La dame de Monsoreau" d'Andrei Yannick, où Nicolas Silberg se bat en duel, place Saint-Michel.

Plus contemporains, "Le beau mariage" d'Eric Rohmer et "Vive la république" d'Eric Rochant élargiront leur champ de tournage à toute la ville.

décor marché
© Ville du Mans
"La foire de Chaillot"

recomposée place du Carnal Grente pour "Le Bossu".

Histoires du pays

Les histoires et faits divers du Mans et de la Sarthe ne manquent pas d'inspirer les réalisateurs. Le Manceau Gilles Cousin montre la voie et réalise "Rouget le Braconnier" en 1988. Auparavant, il s'était fait connaître avec "La ligature", moyen métrage sur l'affaire des sœurs Papin, au Mans en 1933.
Comme un ultime regard sur le siècle, ce fait divers inspirera également Jean-Pierre Denis en 1999 pour "Les blessures assassines".

"Les blessures assassines" - Jean-Pierre Denis 1999
© Ville du Mans

Scène du marché, "Les Blessures assassines".

Mais encore ...

L'année 2000 a vu le tournage de deux téléfilms : "Objectif bac" de Patrick Volson, avec Clémentine Célarié, et "Toute la ville en parle" de Marc Rivière, avec Valérie Kapriski.

En 2002, le circuit des 24 heures a accueilli l'équipe de Luc Besson pour le tournage de "Michel Vaillant" avec Segamore Stévenin. De nombreuses scènes durent être tournées pendant l'épreuve officielle des 24 heures. Ce tournage réalisé par Louis-Pascal Couvelaire était une véritable prouesse technique et logistique.

Ségamore Stévenin au volant de la "Vaillante"

"Michel Vaillant", 2002.

 
Cinéma (Stévenin)
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