La fonderie d'Antoigné

Cette toile est conservée au musée de la Reine-Bérengère, qui rassemble des œuvres d'art et des objets liés à l'histoire de la région du Mans.

Origine

En 1964, les musées du Mans acquièrent, lors de la vente Chappée, ce grand tableau de Jean Sorieul, La fonderie d'Antoigné, exécuté lors d'un séjour sarthois du peintre.

Cette œuvre, mentionnée pour la première fois lors du Salon parisien de 1885, est à nouveau présentée en 1886 lors de l'exposition des Beaux-Arts du Mans. Elle est vraisemblablement acquise ensuite par Armand Chappée pour qui elle revêt une importance particulière, et demeure dans la famille jusqu'à son entrée dans les collections du Mans.

Contexte

Héritière des grosses forges à fer de l'Ancien Régime, la fonderie d'Antoigné, à Sainte-Jamme-sur-Sarthe, rénovée dans les années 1850, occupe alors le premier rang des établissements métallurgiques sarthois. En 1854, Victor Doré l'acquiert avec Joseph Chevé.

Dès lors, trois générations vont se succéder à la tête de cette entreprise familiale. En 1867, Armand Chappée, entré aux forges d'Antoigné en 1856 en tant que secrétaire comptable, remplace son beau-père Victor Doré. Il en devient le véritable directeur en 1875, s'affirmant comme l'une des personnalités industrielles les plus marquantes de la fin du XIXe siècle.

Après l'achat de l'usine de Port-Brillet, en Mayenne, en 1882, la gamme des produits Chappée s'élargit.

  • Tuyaux de fonte pour les conduites d'eau ou de gaz,
  • moteurs,
  • bornes-fontaines,
  • bouches d'incendie,
  • chaudières,
  • poêles,
  • fourneaux.

De nombreuses fois primée pour la qualité de sa production, la maison Chappée connaît une notoriété importante tant en France qu'à l'étranger. En 1900, elle emploie 600 ouvriers.

La maison Chappée est récompensée du grand prix de fonderie à l'exposition universelle de 1889.

La mort d'Armand Chappée en 1922 et les dissensions familiales qui s'ensuivent amorcent le déclin de l'entreprise. En 1929, Antoigné et Port-Brillet fusionnent avec la Société générale de fonderie.

Intérêt

L'importance donnée par l'artiste à l'architecture de ce vaste atelier de fonderie, et la place qu'il assigne aux ouvriers concentrés sur leur travail dans la partie inférieure du tableau, confère au lieu une certaine monumentalité. D'une manière un peu artificielle, les différentes activités d'une fonderie sont représentées ici en une seule et même scène.

Au centre de la toile, devant le cubilot en activité, le maître-fondeur, reconnaissable à son chapeau et muni d'un ringard, surveille la fonte liquide qui s'échappe dans une poche de coulée. Ce récipient permettra son transport, à l'aide des rails, jusqu'aux moules. À droite, trois hommes s'occupent de la manutention de grands moules tandis qu'au premier plan deux ouvriers spécialisés travaillent à la finition de l'un d'eux.

Description sage exempte de toute revendication sociale, ce grand tableau aux couleurs sobres constitue néanmoins un témoignage précieux du passé industriel de la Sarthe.

Auteur

Peintre parisien issu d'une famille d'artistes, Paul Soyer fréquente l'atelier de Léon Cogniet et débute au Salon de 1847, où il expose régulièrement jusqu'à sa mort.

Artiste discret resté à l'écart des commandes officielles, il consacre la plus grande partie de son œuvre à la peinture de genre et aux scènes d'intérieur. Il accorde à partir de 1880 une place particulière à la représentation des forgerons et à l'activité dans les fonderies.

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